Communication politique : comment traiter les informations de “nature politique” ?

La communication politique est entendue comme ”l’échange et la comparaison de contenus d’intérêt public produits par le système politique lui-même, par le système des mass-médias et par le citoyen, pas seulement en sa qualité d’électeur” (“La comunicazione politica”, de Giampiero Mazzoleni, Bologne, Il Mulino, 2004).

Dans cette définition, en plus de l’objet traité par la communication politique, nous sommes clairs sur le nombre et l’étendue des acteurs impliqués. Nous avons affaire au système politique, dont la nature influence directement le type de communication politique (plus déséquilibré vers la personnalisation de la politique ou vers les institutions), au système des médias de masse, l’un des principaux systèmes de diffusion de l’information, bien qu’il ne soit pas le seul, et enfin, à l’autre point central de la relation, le citoyen/électeur.

Il est important de souligner que le processus de communication impliquant des informations politiques n’est présent que dans les systèmes démocratiques. En outre, le flux d’informations se développe sur la base d’échanges multidirectionnels : les trois acteurs en jeu créent, transmettent et reçoivent des messages au contenu politique élaboré sous diverses formes.

Typologie des contenus de la communication politique

La complexité du sujet est donnée non seulement par le caractère interdisciplinaire de la matière, mais par des caractéristiques intrinsèques telles que le contenu même des messages et les différents canaux utilisés pour le diffuser, aspects qui seront privilégiés ici, sans oublier l’enjeu de la communication politique : transmettre des informations pour consolider le consensus ou pour l’acquérir en vue d’une confrontation électorale.

Le contenu du message politique est lui-même multidimensionnel et multiétape. Il est émis et perçu dans des moments successifs et investit non seulement les dimensions verbales/linguistiques de la perception, mais surtout les dimensions symboliques et rituelles. Il ne s’agit pas ici de communication institutionnelle, plus facilement reconnaissable grâce à la nature de l’objet transmis, qu’il s’agisse d’une loi, d’un communiqué officiel émanant d’un organisme ou d’un bureau, mais d’un message politique, qui contient certes un noyau d’informations, sinon il s’agirait d’un plagiat, mais qui ne s’y épuise pas.

Typologie des messages dans la communication politique

En ce qui concerne les canaux de diffusion, on assiste aujourd’hui à une multiplication des modes de contact, mais cet aspect profite légèrement aux acteurs politiques. La nature du canal affecte directement la gestion de l’information et l’attitude du diffuseur. Alors que dans le cas de l’affiche, le message (idée, information ou personne) est l’aspect le plus important, dans le cas d’une personne qui devient le véhicule du message, l’attitude devient décisive.

De ce point de vue, la télévision a marqué une frontière très précise : aujourd’hui, qu’il s’agisse d’un homme politique ou d’un porte-parole, personne ne peut échapper à la loi de la visibilité. La télévision a profondément influencé la relation entre le système politique, les médias et les citoyens en occupant une position prédominante sur les canaux de transmission des messages politiques. La communication interpersonnelle, a un rôle certes difficile à mesurer, mais très influent et surtout persuasif, car elle est perçue comme plus crédible que les autres canaux.

Communication politique et communication électorale

Bien qu’il soit déjà difficile de distinguer les différents domaines d’action, cet exercice est désormais encore plus incertain dans son résultat. Si nous acceptons la vision d’une confrontation politique à partir d’une campagne électorale permanente, il faut presque se rendre à l’entrelacement continu des deux sphères différentes. Si l’objectif d’une action communicative d’origine politique, en période électorale, est la “chasse au vote”, en situation de campagne permanente on utilise les mêmes techniques de propagande et de marketing électoral pour renforcer son consensus et/ou mobiliser la volonté populaire.

Cet effort est naturellement produit en jouant en sa faveur, tant pour ceux qui détiennent le pouvoir politique que pour ceux qui tentent de le conquérir. La question n’est pas celle de la neutralité : de nombreuses forces politiques, électeurs et représentants des médias ont considéré ces pratiques avec suspicion, critique ou rejet. Bien entendu, il ne s’agit pas de falsifier l’information politique transmise pour renforcer sa position, mais de diffuser un message politique d’une manière plus efficace pour le public visé, c’est-à-dire de “séduire en informant”.