Comment la publicité joue-t-elle avec l’esprit humain ?

De nos jours, nous vivons dans un monde où la compétitivité, la réussite et le succès dans les résultats sont primordiaux. C’est pourquoi la publicité est aujourd’hui plus importante que jamais. À tel point que même des diffuseurs scientifiques de la stature de Pere Estupinyá ont inventé des phrases telles que “Nous sommes des êtres rationnels qui utilisent notre cohérence pour prendre des décisions qui maximisent les profits”, dédiées à ce qu’il appelle l’Homo Economicus.

Il ne fait aucun doute que les avancées dans le monde des neurosciences ont donné lieu à leur application dans des dizaines de secteurs, et la publicité n’y est pas étrangère. Cela a donné naissance au neuromarketing, capable d’appliquer de nouvelles méthodes et techniques de marketing si avancées qu’elles sont même capables de jouer avec nos esprits.

De nouvelles tendances en matière de marketing et de publicité sont désormais dévoilées, capables d’étudier le consommateur en profondeur pour découvrir ce qui le touche et le motive. Que ce soit de manière inconsciente ou émotionnelle, il s’agit aujourd’hui de laisser une trace indélébile dans l’esprit de chacun. Est-ce bénéfique ? Probablement pas, car le bombardement est constant et les campagnes deviennent chaque jour plus complexes et provocantes.

La publicité ne se concentre plus uniquement sur la vente de la qualité d’une marque. Elle cherche maintenant à intégrer une marque qui rassemble un certain nombre d’éléments pour la rendre plus transcendante. Des associations implicites sont faites pour améliorer la réputation devant l’utilisateur. Mais nous jouons aussi avec l’image pour faire appel directement au cerveau humain. À tel point que notre esprit peut connaître une déconnexion en raison des impacts persistants qu’il reçoit continuellement.

Le jeu visuel de la publicité

L’un des outils les plus utilisés aujourd’hui dans la publicité est le jeu visuel. Nous recherchons des effets visibles capables de tromper notre propre cerveau lors de l’interprétation des informations captées par l’œil.

En réalité, la publicité utilise à son avantage l’interprétation des informations par notre cerveau. En fait, ils utilisent les lois de la Gestalt, qui ne sont pas vraiment nouvelles. Cependant, ils ont su les appliquer pour obtenir de brillants résultats.

Parmi les lois de la Gestalt, nous en trouvons certaines comme la proximité, qui stipule que l’œil a tendance à regrouper les objets comme un tout en fonction de la distance à laquelle nous les percevons. Aussi la Similitude, où nous organisons les éléments de la même classe, ou la Continuité, par laquelle tout ce qui est dans la même orientation est organisé dans le même groupe par notre cerveau.

Comme il est logique, la publicité a su adapter les lois visuelles pour effectuer un jeu particulier dans notre cerveau qui permet d’imprégner des images que nous associons automatiquement à une marque. Vous est-il déjà arrivé qu’une photo vous rappelle un produit particulier ? Jetez un coup d’œil à ces campagnes qui respectent respectivement les lois de la proximité, de la similarité et de la continuité et réfléchissez aux effets qu’elles provoquent dans votre cerveau.

Images incorrectes

Cependant, le jeu que la publicité joue avec notre cerveau n’est pas seulement axé sur les lois de la Gestalt et la manière correcte d’interpréter les images. Il les modifie également et les utilise de telle sorte que notre cerveau les interprète de manière erronée.

Que se passe-t-il lorsque le cerveau interprète mal une image ? Si l’organisation des objets est idéale, ils peuvent former des illusions d’optique capables de “mentir” à l’esprit humain, ce qui parvient à créer un impact unique sur chaque psyché.

Il n’est pas rare de voir des campagnes publicitaires dans lesquelles figurent des figures ambiguës qui peuvent être perçues de différentes manières, des tromperies visuelles qui simulent le mouvement dans une image fixe ou des anamorphismes, qui ne peuvent être observés correctement qu’avec le bon point de vue. Un bon exemple a été fourni par la célèbre marque de chocolat Snickers.

Associations et publicité

Mais la publicité a considérablement élargi son champ d’étude pour tenter d’optimiser ses résultats. En fait, l’université de Harvard elle-même a mené une étude selon laquelle les décisions des êtres humains sont nuancées en fonction de leur propre inconscient.

La technique de recherche mise en œuvre dans ces cas est appelée TAI (Implicit Association Test). Grâce à cet exercice, il est possible de connaître la position et les postulats d’un être humain sur différentes questions.

Les données que ces tests fournissent sur le mode de pensée individuel et collectif d’un individu ou d’un groupe permettent aux annonceurs de créer des campagnes qui font directement appel à notre conscience, mais aussi à notre subconscient, en promouvant des tendances et des idées qui se répercutent dans le cerveau et peuvent même modifier le comportement d’un bon nombre de consommateurs.

Ces campagnes et ces jeux d’esprit affectent-ils notre bonheur ? Étant donné qu’ils peuvent conduire à un consumérisme excessif, ce qui entraîne un grave problème, je dirais non. Ce n’est pas l’individu qui en profite, mais la marque ou l’entreprise. Ce n’est pas l’individu qui en profite, mais la marque ou l’entreprise. Cependant, les outils utilisés pour nous proposer des produits sont de plus en plus alambiqués et complexes pour atteindre certains objectifs.

Il est donc clair que le comportement des consommateurs est l’une des principales préoccupations de la publicité. C’est pourquoi elle tente non seulement de découvrir comment nous pensons, mais aussi de modifier notre propre comportement. Ils utilisent pour cela toutes sortes de techniques capables de jouer avec notre propre cerveau. Cela nous rend-il plus heureux ? Je ne le pense pas, mais ce n’est qu’en connaissant ces informations que nous pourrons nous préparer à nous protéger du bombardement constant de la publicité.